La cité oubliée de Madâ'in Salih

Un article passionnant d’Emmanuel Guyetand sur la cité oubliée de Madâ’in Salih en Arabie Saoudite vient d’être mis en ligne sur le site Les Observateurs, l’un de mes lieux favoris du web pour découvrir des angles de vue souvent intéressants sur l’actualité du monde. En voici quelques extraits pour vous donner envie d’aller le lire dans son intégralité.

Kasr01.jpgLa grandiose cité jordanienne de Pétra, taillée dans la roche rose, est une destination touristique de premier ordre. Alors pourquoi sa cité jumelle, dans le désert saoudien, a-t-elle été si longtemps oubliée ? Parce qu’elle serait frappée par une ancienne malédiction.

Ce site, au nord-ouest de l’Arabie saoudite, est connu en Occident sous le nom de Madâ’in Salih, les villes de Salih, du nom du prophète qui, d’après le Coran, aurait tenté, bien avant Mahomet, de convertir au culte du Dieu unique la tribu de Thamoud. La ville n’a toutefois pas été construite par les Thamoudéens, dont la présence sur ce site n’est pas prouvée archéologiquement, mais par les Nabatéens. Madâ’in Salih constituait la pointe méridionale de leur royaume qui prospéra entre le IIIe siècle avant notre ère et le IVe après J.-C. et s’étendait du sud de la Jordanie au nord de la péninsule arabique. Les Nabatéens avaient également construit Pétra, leur capitale politique.

Kasr02.jpgC’est seulement au début du XXe siècle qu’a débuté l’exploration de ce site. Mais très peu de travaux ont été entrepris jusqu’en 2001, lorsqu’une mission archéologique franco-saoudienne a été chargée de mener des travaux de fouilles et de documentations sur le site. Madâ’in Salih a été inscrit en juillet 2008 sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco, devenant ainsi le premier site saoudien à y figurer.

Emmanuel Guyetand est ingénieur intégrateur système à Toulon. Il a visité Madâ’in Salih en 2002 et tient un blog bien documenté sur ce site archéologique.

« J’ai eu la chance de découvrir ce site exceptionnel lors d’une escale du porte-avions Charles-de-Gaulle à Jeddah en mai 2002. Alors officier-marinier et chargé d’un magazine pour la télé du navire, j’ai été invité par la marine saoudienne avec une vingtaine de membres de notre équipage à partager ce moment exceptionnel.

Le site est sous surveillance policière permanente et n’est pas ouvert aux touristes. Toutefois, les expatriés travaillant en Arabie saoudite peuvent y accéder […]. Mais le site est surtout fréquenté par des personnalités étrangères séjournant dans le pays et par l’élite saoudienne.[…]

Kasr03.jpgLa plupart des Saoudiens se désintéressent de ce site qu’on dit frappé par une malédiction. La malédiction tire son origine du livre principal de l’islam. Le Coran relate l’histoire de la chamelle miraculeuse, considérée comme la preuve de l’existence d’un seul Dieu, assassinée par la tribu des Thamoudéens. Le prophète Salih désigne une chamelle comme la « chamelle de Dieu » et ordonne aux Thamoudéens de ne lui faire aucun mal au risque de périr. Mais les Thamoudéens font fi de cette menace et tuent la chamelle. Le Coran raconte que trois jours plus tard, un cri détruisit ce peuple.

On a, en outre, l’impression que pour les Saoudiens l’essentiel est ailleurs, « bien plus haut » ! L’Histoire comme l’entend un Occidental n’est pas leur tasse de thé.

Kasr al-Farid est le lieu qui m’a le plus marqué. Une telle force se dégage de cette roche magnifiquement taillée pour servir d’ultime demeure. Les archéologues pensent que ses parois étaient peintes à l’époque. Cette force est renforcée par l’aspect isolé de la tombe par rapport au reste du site, qui lui donne une certaine majesté, comme si elle était la porte vers un autre monde, la porte devant laquelle on prend le temps de s’assoir pour parler de sa vie qui se termine et se dire qu’elle n’est pas encore totalement achevée car son empreinte demeure écrite dans la pierre! ».

Les photos sont d’Emmanuel Guyetand. L’article intégral, accompagné d’autres photos, se trouve ici : La ville cachée d’Arabie saoudite.

7 Replies to “La cité oubliée de Madâ'in Salih”

  1. anti Post author

    « Alors pourquoi sa cité jumelle, dans le désert saoudien, a-t-elle été si longtemps oubliée ? »

    « Le site est sous surveillance policière permanente et n’est pas ouvert aux touristes. Toutefois, les expatriés travaillant en Arabie saoudite peuvent y accéder […]. Mais le site est surtout fréquenté par des personnalités étrangères séjournant dans le pays et par l’élite saoudienne.[…] »

    Ca explique un peu quand même 😉

    Les photos de ce site sont magnifiques. Dommage. En tant que femme, j’aurai du mal à aller visiter ce pays.

    anti

  2. ramses Post author

    Madâ’in Salih, comme Petra toute proche, furent construites par les Nabatéens (nom arabe des Araméens), qui devinrent chrétiens au 4ème siècle.

    Un article de Wiki fort intéressant, met en perspective l’histoire et l’extinction de ce peuple très ancien, qui subit la conquête arabe, comme l’Egypte des Pharaons :

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Nabat%C3%A9ens

    Les vestiges du passé font de l’ombre au Prophète, ce qui explique sans doute que les Saoudiens, gardiens des lieux saints de La Mecque, interdisent l’accès de Madâ’in Salih…

    Miss, tu vois, le Charles de Gaulle a quand même une utilité, mine de rien !

  3. swadisthana Post author

    Un superbe article. J’en profite pour vous déposer un petit BON JOUR en espérant que vous allez très très bien en cette rentrée. Amicalement

  4. Kathy Dauthuille Post author

    Un soeur jumelle de Petra ! Les photos sont impressionnantes. Petra est troglodyte et il semble que ces temples-ci ne le soient pas mais on sent cette force massive et aussi cette couleur quelque part.

  5. Carnet_escale Post author

    Merci de tous ces beaux commentaires !

    Je suis ravi que Toulon et le Charles de Gaulle rappelent en plus de beaux souvenirs à « Miss you » 🙂

    N’hésitez pas à me faire d’autres suggestions pour mon site http://www.hegra.fr !

    E.G.

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