Partout ils reculent

Ces derniers temps, les aficionados doivent se sentir démoralisés. Leur passion morbide subit revers sur revers.

En Espagne, la contre-offensive pro-corrida lancée à grand renfort de rodomontades dans les médias depuis des mois pour tenter de rétablir les spectacles de torture en Catalogne espagnole soi-disant dès ce mois-ci est soudain passée au point mort.

vanguardia ilp

Le Congrès vient en effet d’ajourner toute décision au sujet de la demande de classement de la corrida comme « bien d’intérêt culturel » en raison de la multiplication des amendements déposés. La cause des pro-torture n’est pas facilitée par le fait qu’ils se déchirent entre eux.

vanguardia sondageLe sondage réalisé par le quotidien barcelonais La Vanguardia est sans appel. A la question « approuvez-vous que les corridas soient classées bien d’intérêt culturel », la réponse est non à 95%.

Dernière action en date : l’écrivain John Maxwell, prix Nobel de littérature en 2003, a adressé une lettre  au Congrès espagnol en sollicitant l’arrêt de cette procédure.  Il déclare dans son courrier que la corrida est « une aficion archaïque » et un « spectacle violent et sanguinaire ». Et il ajoute : « Torturer et assassiner des taureaux pour le simple spectacle appartient à l’Âge Obscur et non à l’Espagne du 21ème siècle ».

Il faut aussi souligner que, de toute façon, la législation régissant les Communautés Autonomes en Espagne ne permet pas le retour de la corrida en Catalogne.

Au Mexique, Veracruz est la troisième grande ville à abolir la corrida ainsi que tous les spectacles recourant à la maltraitance animale, tels que les combats de chiens ou de coq et les spectacles de cirque qui ont recours aux animaux.

veracruz

L’interdiction s’applique également à la vente d’animaux dans la rue et à l’utilisation d’animaux pour transporter des charges en ville. Veracruz rejoint ainsi le l’Etat de Sonora qui a aboli la corrida il y a un mois et la ville de Teocelo, qui a fait de même dès juillet 2012.

D’autres pays d’Amérique Latine, comme l’Equateur par exemple, ont pris ou sont en train de prendre la même voie.

En France, en revanche, on est encore loin de pouvoir se réjouir. Pour autant, même si les choses bougent encore bien trop lentement, elles progressent et une réelle dynamique prend enfin de l’ampleur.

La corrida attire de moins en moins de monde grâce aux actions incessantes des militants et finira tôt ou tard par s’effondrer d’ici quelques années pour de simples raisons économiques. Les malversations de certains organisateurs de corrida sont désormais dans la ligne de mire des services fiscaux – après tout, c’est le fisc qui a fait chuter Al Capone, comme le faisait encore remarquer un internaute récemment.

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La cause anti-corrida réussit à mobiliser des milliers de manifestants là où seulement quelques centaines se déplaçaient il y a encore deux ans. Cela encourage l’intensification d’actions locales qui vont aller en se multipliant.

Oui, les aficionados doivent se sentir déprimés. Partout la barbarie qui les réjouit tant recule.

Dernière photo : Alès, 11 mai 2013 (Jean-Pierre Garrigues)

3 Replies to “Partout ils reculent”

  1. Mencacci

    L’abolition de toute torture animale doit être votée. Des lois, des vrais lois que l’on appliquerait vraiment doivent être votées.

  2. anti

    Voilà qui est bien réjouissant à lire. Nous avançons, doucement, mais sûrement, vers une nouvelle ère de paix avec la nature.

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